Griffes de Lionnes
Mi figue mi raisin
Morituri te salutant !   
Comment survivre le moins mal possible à ses vieux parents ?   
Le 8 mars nouveau est arrivé !    Le vieux : un poids ou une chance ?   
Le vieux : 1ère partie     
Les genres du sport Jeanne qui rit et  Jean qui pleure
Le réflexe réactionnaire J'ai soixante ans et toutes mes dents
Le féminisme est aussi l'affaire des hommes Le monde des femmes  
Quand elles l'auront Des mots pour le dire  

Une pensée de pascaline

LE REFLEXE REACTIONNAIRE

         ll est toujours là, tapi dans l’inconscient collectif et individuel. Mais une illusion tenace nous fait croire qu’il pourrait définitivement reculer, voire disparaître.
         De quoi s’agit il ?
         Le réflexe réactionnaire hait le mouvement qui déplace les lignes. Celles de la tradition, de l’horizon, des coutumes, de la nature qui-fait-si-bien-les-choses.
         Il est un adepte de l’inné, toujours plus fort que l’acquis. Il est donc anti-darwinien.
         Il s’épanouit dans la répétition.
         Animé par la peur, il est grand amateur de « c’est-la-faute-à ». A soixante huit, aux féministes, aux pédés, à la gauche, au changement climatique.
         Il ne connaît grammaticalement que la préposition « ou » et se complaît dans les catégories opposables : blanc ou noir, femme ou homme, hétéro ou homo..
         Il est partisan de la sélection naturelle et ennemi résolu du progrès humain. Les choses doivent rester en l’état pour toujours. 
         Il est hostile à toute ingérence dans le privé, donc à toute intervention de la loi dans le périmètre sacré de ses affaires.
         Il se défie du sexe, quelque chose de plutôt sale, la porno et la prostitution qui sont dans ce registre, ça lui va.
         Il est du côté du Mal, qu’il croit immuable et dont il est un serviteur attentionné. Quant au Bien, c’est le sien qu’il recherche.
         Sa position préférée est la verticale. Voilà pourquoi il est ami des  corps constitués, Famille, Etat, Patrie, là où ça va de haut en bas.
         Il accompagne tous les rejets, pour raison de sexe, de race, de religion autre que la sienne.
         Le réflexe réactionnaire est le contraire d’une pensée, par définition. C’est pourquoi on ne peut l’assimiler à la pensée de droite - qui en est une - , dont il constitue cependant la colonne vertébrale.
         Le réflexe réactionnaire est loin de se cantonner à cette sphère, communément associée à la droite. Il menace quiconque ne se surveille pas étroitement. Il surgit quand on ne l’attend pas, du plus profond de nous-même. Car il est justement un réflexe. Et que sa pente naturelle est au rejet et à la peur de l’autre, du mouvement, du changement. Ce réflexe vient du cerveau reptilien. Nous avons tous un cerveau reptilien, quelle que soit notre appartenance.
         Ce qui distingue l’Homme (et la Femme) de bien, appelés autrefois « honnête homme » (et femme), au fond c’est la volonté de ne pas s’en remettre aux diktats de ce cerveau et de négocier avec, par l’intermédiaire de son collègue préposé à la raison : le cortex. C’est à ce dernier qu’on doit d’avoir, entre autres, découvert le feu et inventé la Sécurité Sociale.
         Y a t-il plus de cortex vigilants à gauche ?

         Justine