Griffes de Lionnes
Mi figue mi raisin
Morituri te salutant !   
Comment survivre le moins mal possible à ses vieux parents ?   
Le 8 mars nouveau est arrivé !    Le vieux : un poids ou une chance ?   
Le vieux : 1ère partie     
Les genres du sport Jeanne qui rit et  Jean qui pleure
Le réflexe réactionnaire J'ai soixante ans et toutes mes dents
Le féminisme est aussi l'affaire des hommes Le monde des femmes  
Quand elles l'auront Des mots pour le dire  

Les genres du sport

        Rugby, l’ultime avatar de la masculinité.
        Voilà bien un sport que les femmes hésiteront à investir, tant il est fait de confrontations physiques violentes. Difficile de rivaliser avec ces joueurs aux biscotos surdimensionnés, aux gueules brutes de décoffrage. Au point que l’on s’étonne de ne point voir quelques silex entre leurs mains. Voilà du mâle, du vrai ; un sport qu’on nous dit loyal, honnête et sain.
La force, la puissance c’est eux ; la vraie force, c’est celle qui vient de la masse musculaire. Cela fascine les hommes. Et il faut enfoncer le clou : c’est aussi une qualité morale. Sport d’équipe répète-t-on ; solidarité entre hommes. Mais rappelez-moi : ce ne sont pas les mâles qui déclenchent les guerres fratricides ?
« Elles nous ont tout pris mais pas ça. Les femmes peuvent toujours se rhabiller », pensent-ils.
        Ces mâles au cœur de lion vont envahir nos écrans et remettre les idées des féministes en place. Les plus forts c’est eux. Et beaucoup de femmes vont se rassurer, celles qui croient encore en la protection de « l’homme ». D’ailleurs, pour séduire, ils s’affichent à poil ou presque sur des calendriers, dans des livres de photographies. Pire que des starlettes !
Combien de millions d’euros dépensés, combien de millions de spectateurs, préparés, chauffés, haletants pour regarder ces combats héroïques ?
        Et si la force, le courage, c’était tout, sauf ces jeux de baballe, ces exhibitions d’hommes des cavernes, ces simili guerres entre nations.
En tant que simple spectatrice, j’aimerais voir cette fameuse 3ème mi-temps dont on parle tant : beuveries et quéquettes en folie ?

        Voyons du côté des sports individuels. Les championnats du monde d’athlétisme viennent de se terminer en août. Immobilisée chez moi par une lombalgie aiguë, j’ai passé des après-midi à les regarder. Certains vainqueurs l’ont emporté en poussant des hurlements de grands singes,  en se frappant la poitrine ; c’était assez stupéfiant ; des gorilles ; le zoo sur le stade ! Soyons justes les femmes aussi hurlent parfois. J’aime les grands singes, mes cousins, mes ancêtres, que les hommes continuent d’imiter. Voilà d’où nous venons ; certains ne l’ont pas oublié ; c’est dans les gènes.

        Deux concours ont retenu mon attention :
- L’un, le 1500 mètres où la France avait ses chances grâce au coureur Mehdi Baala. Je regarde la course : enfermé pas ses rivaux, le français cherche à se dégager et balance force coups de coude à ses voisins. Deux d’entre eux s’écroulent sur la piste. Mehdi disqualifié !
- L’autre la victoire de Caroline Kluft à l’heptathlon – oui, 7 épreuves !- un troisième titre mondial pour la Suédoise : on assiste, à la fin de la dernière épreuve, au rassemblement des 15 participantes, qui, joignant les mains, et tout sourire font un tour sous les acclamations de la foule.     Elles s’amusent !!!
Stupéfaction des journalistes qui commentent! Oui le sport c’est un jeu, rappellent ces femmes, non le prétexte à des manifestations nationalistes, à des spectacles célébrant les « dieux du stade » dans une triste liturgie.

        Vous me direz, bien sûr, avant même d’avoir fini de lire ma phrase : « les femmes ce n’est pas toujours comme ça ». Peut-être, mais, ce jour-là, c’était comme ça et ce fut la plus belle finale de ces jeux.

        Scoop de dernière minute : j’apprends que 6.500 femmes en France jouent au rugby ! On les trouve même là ! Gageons qu’on en entendra peu parler …
Scoop de dernière, dernière, minute : vu le match Argentine-France du 7 septembre, nos surhommes feraient mieux de retourner au bac à sable.

        Emilie