Paix et religions :
Le Credo de la Fédération étasunienne
pour la paix au Moyen-Orient
La Commission des Nations-Unies sur le statut des femmes, s’est réunie en 2008, comme chaque année, pendant deux semaines, à cheval sur la fin février et la première semaine de mars.
A cette occasion, j’ai suivi deux séminaires organisés par la Fédération étasunienne pour la paix au Moyen-Orient (USFMEP). Cette ONG croit que le premier pas pour réaliser la paix commence par le respect mutuel, la tolérance, le dialogue et le pardon. Ses objectifs prônent la dénonciation de toutes les formes de violences et le dialogue interculturel et interreligieux. Cette fédération est également signataire de la convention CEDAW (Convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination envers les femmes) .
Voyons donc.
Un atelier sur le financement de l’égalité entre les genres au Moyen-Orient et en Afrique du Nord était à l’ordre du jour. Que du beau monde, dont son éminence la Princesse Lubna Al-Saud d’Arabie Saoudite. Elle fait très fort dans le style questions-réponses, c’est-à-dire qu’elle répond elle-même à ses questions :
« L’Arabie Saoudite est-il un pays de traditions ? Oui, en vérité ; l’Arabie Saoudite est-il un pays religieux ? Oui, sans aucune doute ; l’Arabie Saoudite est-il un pays retardataire en ce qui concerne les femmes ? Non. » Plus tard, son Eminence concède bien qu’il y a encore des progrès à faire, mais pas tellement, finalement. Allez-y les filles Lubna est avec vous. Inch Allah !
C’en est trop pour moi. Je me casse.
Quelques jours plus tard, je me fais piéger dans un autre séminaire, organisé par les mêmes sur le thème « Construire des ponts entre Musulmanes et Juives pour la paix et la compréhension ».
On nous fait le coup du « judaïsme, christianisme, Islam » c’est du pareil au même, il n’y a en fait que des problèmes d’incompréhension et d’intolérance. La solution est d’aller les uns vers les autres et pourquoi pas adapter la Charia à nos pays occidentaux pour résoudre les questions d’ordre privé ? Il y a de très bonnes choses dans la Charia (ce serait dommage de s’en priver – NDLC) ! Dit une des oratrices, une brillante avocate new-yorkaise, qui se désole de l’incompréhension dont ont fait montre les Anglais qui se sont offusqués des propositions de l’archevêque de Canterbury d’adopter certains textes de la Charia en Grande Bretagne !
Parmi l’auditoire, nous étions trois françaises manifestant notre réprobation, mais on se gardait bien de nous donner la parole ! Heureusement, au moment de la discussion sont intervenues une Pakistanaise et une Iranienne révoltées de ce qu’elles entendaient et de l’ignorance dont la Fédération faisait preuve quant à la vie quotidienne des femmes dans les pays islamistes.
J’ai eu la curiosité d’aller sur le site de la Fédération pour lire le compte-rendu de cette réunion, voici ce qui est écrit en conclusion :
« Les invités et les participants ont apprécié cette occasion de d’assister à cet événement qui leur a permis d’exprimer leurs opinions, sentiments et préoccupations en toute liberté. L’USFMEP prouve que des ponts peuvent être construits entre les gens de fois différentes, des ponts qui non seulement unissent les gens sur des bases communes, mais aussi connectent leur foi aux messages originaux enseignés par les Livres Saints et les prophètes, messages d’amour, de respect et d’enrichissement grâce à nos différences ».
Voilà, la messe est dite, le pont entre les religions – et donc la paix -se construira sur le dos des femmes. Car en vérité quel rapport y a t-il entre libération des femmes et religions ? Aucun. Libération, quoiqu’on en pense ne rime pas avec religion ! Nous en sommes bien d’accord ?
Victoire