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NOUS SOMMES LÀ POUR VOUS AIDER

        C’est l’époque des demandes de subventions pour les associations. Cette année, l’administration a voulu tout simplifier : quel que soit le Ministère, le document est le même pour tous. Il fallait y penser ! Il est téléchargeable sur le site « gouv » ou bien on vous l’envoie.
Comme j’ai le malheur d’être trésorière (poste pour lequel personne ne se bat, y a plein de boulot et les honneurs sont pour les autres), mais quand on est maso, il faut assumer.
Je reçois donc, par mêêêêle un beau dossier sur mon ordinateur. Je clique, IL S’OUVRE ! LA JOIE ! Au milieu, tout en haut, trône en caractère gras « NOUS SOMMES LÀ POUR VOUS AIDER ». C’est encourageant !

        Il faut d’abord sélectionner l’une ou l’autre des 2 cases :
        1ère demande
        renouvellement d’une demande

        Je clique sur renouvellement d’une demande. Rien. J’essaie de cocher avec un X, pas moyen. Je descends plus bas, impossible d’inscrire notre nom, adresse, etc…. Je me dis « Ah ! Oui, je sais, je vais faire un copier, et coller le texte dans Word ». C’est simple. Il fallait y penser. J’essaie une fois, deux fois, trois fois. Eh ! Bien, non cela ne marche pas non plus. Je téléphone au Ministère, tout le monde est en réunion, personne au téléphone.
        Je me dis « Il me reste mon copain, Saint Pierrick de Nantes » (Si, si il figure au calendrier des féministes, il résout tous les problèmes informatiques, même sur Mac). Il me rappelle une heure après ; il dit avoir tout essayé ; il a échoué : « Les informaticiens du Ministère ont dû verrouiller». Bon, voilà qui n’avance pas mes affaires.
        Je rappelle « NOUS SOMMES LÀ POUR VOUS AIDER », une femme me répond enfin, mais elle n’est pas au courant. Je propose de tout rédiger à la main. Deux heures après, elle me rappelle : elle a obtenu de la part d’une collègue une version sur laquelle on peut écrire … à partir de l’ordinateur, mais qu’il faut garder bien précieusement car c’est la seule qu’elles ont en leur possession. Alléluia !
On se dit, l’administration sera toujours l’administration, une bureaucratie indécrottable, le privé c’est autre chose ! C’est l’efficacité. N’est-ce pas ?

        Voyons !
        Mon association avait besoin d’un photocopieur plus performant. Je découvre le photocopieur miracle, japonais bien sûr, exactement ce qu’il nous faut pour éditer nos brochures, notre répertoire, toutes ces choses précieuses, irremplaçables que nous faisons et dont la postérité doit garder la trace !
        Le vendeur me chouchoute. On vient me chercher à domicile, on m’emmène dans le « show room », on me fait une démonstration du tonnerre de Dieu : recto-verso, agrafage, pliage, couleur et les fameuses brochures. On choisit la date de livraison, la mise en route se fera en même temps que la démonstration. Cela prendra une demi-journée. Je signe un chèque de caution, qui ne devra être encaissé qu’à la livraison et qui est mis en banque, en fait, dès le lendemain.
        J’informe les copines qui veulent s’initier. A dix heures, nous sommes trois dévouées à la cause féministe. Le technicien arrive à onze (Ah ! Les embouteillages ..). Il bidouille deux ou trois branchements, « Mais », nous dit-il « on m’avait dit que c’était pour une mise en réseau, mais c’est juste pour vous raccorder à un ordinateur, alors je n’ai pas le bon fil, je pars en acheter un et je reviens »
        Il est 11 h 45. A 13 h il n’est toujours pas revenu. Une des copines a rendez-vous avec sa fille, elle part. Nous restons à deux. A 14 h 30 la deuxième m’abandonne, elle a sa séance de gymnastique ! Je reste seule.         J’appelle furibarde les services techniques. « Nous le prévenons. » me répond-on. A 15 heures le technicien arrive. Je suis furieuse, il me répond « Il faut bien que je mange ! » Et moi ? Je n’ai toujours pas mangé !
        L’atmosphère est tendue, mais l’installation est terminée. Commence la démonstration. Recto-verso, noir, couleur. OK, j’ai compris, ce que je veux c’est savoir comment éditer une brochure. Ah ! Il ne sait pas, on ne l’a pas formé pour cela ! Mais je n’ai qu’à consulter le mode d’emploi de 300 pages qui se trouve sur le CD. Il part à 19 heures. Entre temps, comme le chauffage du local est en panne depuis plusieurs années et que l’on est en février, j’ai pris froid, la gorge me pique et mon nez commence à couler.
        Je passe des heures à m’esquinter les yeux en essayant de découvrir la page où, je vais trouver les manipulations à exécuter pour imprimer ces fameuses brochures. Rien, je ne trouve rien. J’appelle les services techniques et nous convenons d’un rendez-vous. J’insiste pour voir un technicien qui connaisse le système des brochures. Arrive un monsieur, pressé, « Les brochures ? » Non il ne sait pas, on lui a fait une formation pour réparer les machines, mais il ne sait pas comment se servir de la machine. Il cherche, tâtonne, il a une illumination au dernier moment et me quitte en me disant « Oui,ça doit être comme ça, vous faites ceci, puis cela, et encore ça et ça marchera ». Que dalle. Il part, il court, il habite en banlieue !
        Là, ça se corse, je menace d’envoyer une lettre à la direction et à une association de consommatrices. On m’envoie un troisième technicien. En cinq minutes, il me montre comment faire une brochure. Lui, il a reçu la bonne formation. On ajoute son nom à notre calendrier féministe. Ca, c’est l’efficacité ! Il aura fallu trois techniciens, pratiquement trois journées perdues, des engueulades et du stress à revendre.
        Beaucoup d’entre vous se reconnaîtront sans doute dans ce parcours de combattantes face à l’incurie des spécialistes, il faut en vouloir pour être bénévole dans une association !

         Victoire