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Les JO : un scandale peut en cacher un autre

Acte I : un scandale annoncé, le choix de Pékin.

        Ce fût un grand classique, et de bonne guerre.
        Dix des plus grandes organisations de défense des droits de l’homme rédigent un « petit livre » rouge  pour dénoncer les crimes de la dictature à la chinoise. « Reporters sans frontières », emmené par le virulent Robert Ménard, en rajouta plusieurs couches en désignant à la vindicte populaire la flamme olympique, symbole des valeurs universelles bafouées par le choix de Pékin. 
        Le président du CIO fait semblant, pendant un temps raisonnable, de croire aux promesses quant aux droits de l’homme de ses interlocuteurs chinois pour, en fin de compte et selon une formule bien rodée, déclarer qu’il ne faut pas attendre du CIO qu’il règle des problèmes que les instances politiques internationales n’ont pas su résoudre.
        Les athlètes français tentent de sauver les valeurs de l’Olympisme en proposant de porter un badge avec un extrait de la Charte « pour un monde meilleur ». … Mais Jacques Rogge (Président du CIOLa) rappelle la règle 51 qui interdit toute forme de propagande ou de manifestation politique ou religieuse sur les sites Olympiques.

Acte II : un scandale ignoré, l’apartheid sexuel.

        La déclaration de Rogge fait « tilt » dans nos esprits de laïques et féministes. Pourquoi alors le CIO accepte-t-il le voile islamique sur le stade Olympique ?
        Jusqu’à présent, de la Charte Olympique, cette loi qui s’applique à tous, nous n’avions retenu que le rejet de toute forme de discrimination quelle qu’en soit le cause et notamment de race ou de sexe. C’est au nom de ce principe, que le Comité national d’Afrique du Sud fût exclu pour cause d’apartheid pendant plus de 30 ans.         Il ne réintégra la famille Olympique qu’en 1992 à Barcelone.
        C’est aussi au nom de ce principe que le Comité Atlanta +, créé pour lutter contre la discrimination sexuelle dans les délégations nationales, a exigé du CIO, l’exclusion des Comités nationaux qui ne comportent pas de femmes dans leurs délégations. Le Comité avait obtenu que le CIO mette en œuvre une politique d’incitation auprès des pays concernés. Les résultats avaient suivi avec la régularité d’un métronome. Le nombre de pays récalcitrants dégringolant de 35 à Barcelone en 1992,  à 26 à Atlanta en 1996, 9 à Sydney en 2000 et encore 9 à Athènes en 2000. Le noyau dur était atteint. Il s’agissait des pays islamistes qui pratiquent l’apartheid sexuel : Arabie Saoudite, Koweït, EAU, Qatar,…
        Parmi les pays qui avaient cédé aux pressions : la République islamique d’Iran, que nous avions ciblée dans nos attaques lors des JO d’Atlanta. A la veille de la cérémonie d’ouverture, ils prirent la décision d’envoyer une tireuse à la carabine…voilée et, pour cacher le fait qu’elle était seule au milieu d’une bonne quarantaine d’hommes, elle fût aussi (la) porte drapeau.
        Depuis, à chaque Olympiade, la délégation iranienne comporte une femme voilée. Cette fois-ci à Pékin, elles étaient trois. Le gros des sportives iraniennes se produit dans des Jeux séparés, dits de la Solidarité islamique, qui ont lieu tous les 4 ans à Téhéran depuis 1993 et qui sont fermés aux hommes et à la presse.         Ces Jeux sont cautionnés par le CIO !
        Aucune athlète autorisée à concourir ou une poignée d’athlètes voilées confinées dans quelques disciplines alibi, ou encore  des Jeux séparés pour les femmes excluant la présence des hommes et des journalistes, la signification en est la même, c’est-à-dire l’affirmation d’une idéologie politico-religieuse contraire à l’esprit et à la lettre de la Charte Olympique.

Acte III : un scandale à venir, les Jeux de la ségrégation.

        Le double langage du CIO est évident.
        Et cela se produit dans l’indifférence quasi générale. Aucun des commentateurs de la télévision, lors de la cérémonie d’ouverture de Pékin, ne relève la présence ou l’absence de femmes, ni la montée en puissance du « voile » islamique, préférant ce gargariser de la beauté des costumes folkloriques. Il n’y eut qu’un moment de faux espoir, lorsque la délégation du Bahreïn passe devant la tribune de la presse avec une femme voilée.         L’un des commentateurs se souvient l’avoir vue courir « avec son foulard et son collant, comme le lui impose… », Suit un brouhaha qui rend le commentaire inaudible : mais gageons qu’il voulait dire la loi religieuse de son pays. Et il conclut par un « pas pratique! » ironique.
        Ce sont maintenant 14 délégations qui comportent des femmes voilées (athlètes, membres du soutien des équipes ou simples invitées ? difficile à dire ?).
        C’est ainsi une permission de transgresser la règle 51 qui est donnée par le CIO aux pays islamiques. Les prétextes affichés sont : « parce que mieux vaut des femmes voilées que pas de femmes » selon la porte-parole du CIO. Pire encore : parce que « il s’agit d’un choix personnel » dixit le président du CIO  dans une interview  au journal belge « Le Soir ». Et malgré cela, il reste encore 3 pays qui excluent les femmes pour des raisons d’apartheid sexuel : l’Arabie Saoudite, le Koweït et le Qatar.
        Ne nous y trompons pas, il ne s’agit pas d’un hasard mais d’une stratégie du CIO qui vise à intégrer le monde islamique dans le respect des exigences politico-religieuses quitte à s’asseoir sur les valeurs universelles qui sont le fondement de la Charte.
        Cette volonté du CIO transparaît dans les plus récentes décisions prises par ses instances dirigeantes.         D’un côté, le CIO annonce à Pékin, que la Marocaine Nawal El Moutawakel (non voilée), première médaillée d’or africaine, devient membre de la Commission exécutive du CIO (sous le titre « pour la première fois une musulmane (sic) élue à la Commission Exécutive »). De l’autre, il pousse sur le devant de la scène l’Egyptienne, Rania Elwani (nouvellement voilée et qui était déjà invitée à la cérémonie de clôture des JO d’Athènes), ancienne médaillée en natation, membre du CIO et de la Commission des athlètes à s’exprimer sur le site du CIO comme modèle pour les jeunes générations.Elle apparaît à Pékin dans les cérémonies de remise des médailles.
        Cette trahison par le CIO, de sa propre Charte, dans un domaine qui est le sien, le sport, n’a fait que renforcer la volonté des pays islamistes de promouvoir un modèle (leur modèle) des Jeux de la ségrégation.         Allant au-delà des simples jeux de la Solidarité pour les femmes islamistes, qui commençaient à mourir dans l’ennui généralisé, ils ont engagé depuis 2005 à Ryad en Arabie Saoudite, de grandes manoeuvres pour organiser des jeux d’une plus grande dimension. Ceux-ci seront toujours des jeux de la ségrégation, mais seront présentés comme mobilisant les hommes et les femmes au même moment, mais dans des lieux séparés pour respecter la loi religieuse. La deuxième édition aura lieu en 2009 dans trois grandes ville iraniennes. Ce sont 8 000 athlètes et 55 disciplines qui seront concernés. L’apartheid sexuel devient ainsi un modèle exportable face aux valeurs de mixité et d’universalisme que le CIO n’a pas su défendre.

        A quand  la fusion entre le CIO et les jeux islamistes avec comme prochain site la capitale du Qatar, qui d’ailleurs s’est portée candidate pour la tenue de prochains JO ?

         Annie Sugier

Présidente de la LDIF e du Comité Atlanta-Beijing + (cf le site de la Ligue)

PS : pays dont les délégations ne comportaient que des femmes voilées : Yémen Palestine, Djibouti, Iran, Soudan, Lybie, EAU, Oman, Afghanistan ;

pays comportant une ou plusieurs femmes voilées : Maldives, Mauritanie, Bahreïn, Egypte, Ethiopie.